Ronde de nuit à Lodève

 

C'est elle. L'avion furtif. La secrétaire. Transports en tous genres, chiffres gargouilles, algues papiers, abordages sans filet, glissando, à l'hélice, à la rame, attaques de zones grises, messages en crypte, oeil infrarouge, lunettes grillées...

Bon elle double incognito son grand ginkgo à gauche et se pose, des deux ailes, en bout de bottine.

Commando La poste.

Une falaise d'ombre, un clapet de bronze qui avale cul sec sa portée de missives, finitto !

 

Autour d'elle, ça lui dit : le désert nuit tombée, pas un bruit, pas une âme au parvis.

C'est en arrêt devant, comme un chien dans le fumet capiteux d'une pâtée devinée.

 

Le carrefour. Le jardin du Commissariat. L'orfèvrerie dentelière au balcon. La Cathédrale.

Grosse, massive, arqueboutée sur ses cuisses de sumo retaillées au carré, repoussant de l'échine le sang noir du ciel lourd.

 

 

D'un coup, Pof ! Tout vole en bulle.

 

 

Un vitrail éclair fuse

explose la muraille

en vivier d'éclats de couleurs

lampions balancés à bouts de bras de belles

et ronde de fantômes évêques courtisanes et fronts genoux ployés hosties baisées entre des lèvres offertes

interloquées.

 

 

 

La secrétaire irradiée en boit d'un trait son boisseau de gemmes liquides

et d'enchantement

mince vaisseau fort spacieux tout soudain

tire sa manette

- et décolle vertical sous la poussée de sa chevillette.

 

 

Ce n'est pas tous les soirs comme ça.

 

 

 

 

 

 

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