Ils suggèrent que tu es mourant

Nous sommes suspendus à tes lèvres

 

Nous sommes coi

Nous sommes dispersés aux quatre coins du globe

 

Nous avons cette vision de toi dans un lit blanc

Mourant

 

Nous sommes pris

Au niveau du coeur

Au niveau des poumons

 

Nous sommes pris d'une fleur qui s'étiole

 

Un champ désert c'est ce qu'ils suggèrent

Un sans espoir de retour

De pluie de floraison

 

De come-back victorieux de ton « corps illusoire »

 

Nous respirons à petit feu

Suspendus au souffle de tes lèvres

Que nous voyons loin

Que nous ne voyons pas

 

Ils suggèrent que tu es très faible

Que la mer s'est retirée

Que le souffle ténu à peine passe sur le sable sans ride de la lune

 

De très loin je te suis

Sur la pointe du pied

 

Je dis pour toi des paroles que des lèvres nous ont soufflées à l'oreille

Et sacrées dans un sourire

Dans un geste de la main sur l'épaule et sur le dos courbé

 

Je les dépose sur le sable

Aux pieds de la lune illusoire

 

 

Usclas, 20 novembre 2005

 

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