Fanés fard écrasé sur la lèvre Les fleurs penchent
Une espagnole à volants Une gitane sans castagnette ouvrant sa jupe
Sur le rouge enchanté Carmine
Carmine Fard écrasé sur la joue Un bleuet devenu fou
La corolle de sa jupe s'ouvre Sur le rouge
La pensée passe Résidence inconnue
Ciel de traîne Oies sauvages Milarepa Un prince poète en bâtisseur mille fois défait
Trouble ma vision de larme
Marie ma voisine lance un cri aigu de tendresse Un vieux chat énorme tousse rauque Se tasse contre le dos de Heidi
Est-il mort aujourd'hui Jour de chasse
A l'horizon un ciel de traîne Une jupe à volants La pourpre écrasé du fard Sur la lèvre gitane
Mal lavée oeil de braise oeillet fané Lance un dernier falbala De jupon relevé
Des chevilles noires des talons claqués luisants Sabots de biche
Jour de chasse
J'écris dans le brouillard de la vision La gitane tourne la tête
Et lasse
La colonne de pièces d'or glisse sur le côté
La traîne s'avance Une pâleur du fond de l'horizon
Monte
Efface
M'assurer m'affermir du bleu Pas d'altération possible
Il porte un oeillet rouge Au coin de l'oreille Au coin de la joue fardée Sous l'oreille le coeur A mains nues il me porte Et la colonne d'or fin se glisse dans mon dos
Cliquetis de bracelet Long faisceau Mon épaule ferme Mon porte-manteau
Je respire et debout nous nous dressons Portefaix à montagne gravir
Des grelots tintent Des pensées oeillets frais fanés Tiges dressées ployées
Nous portons sur le dos des enfants rieurs Qui ne verront jamais Le jour
Des enfants particuliers Qui n'appartiennent à personne
Ils frappent sans déguisement Ils se métamorphosent à l'instant Ils passent en pensées Ecrasent sur la lèvre qui les écoute La pourpre d'un fard éphémère
Ils disparaissent
Leur succession ne cesse et la source ne s'en tarit pas Ils penchent leurs têtes sur la page
Ils s'enroulent à votre doigts puis se couchent trop tard
Ils traversent votre main ouverte Et tirent sur votre pouce Une lame rougie au feu Une seringue Un stylet
Ils ferment la porte derrière eux et le chemin noir cache leurs dos tournés Leurs longues jambes de poulain
Vous vous confiez à la pointe A la taille douce Au papier
Vous retrouvez l'éparpillement des sons lointains Son grain chiné Sa trame lisse
Et vous cueillez net La fleur pourpre Son palpitant petit navire.